Chiquilín de Bachín
Roberto Goyeneche
Chiquilín de Bachín
Dans la nuit, sale gosse
avec un visage de petit ange
il vend des roses sur les tables
du bar de Bachín
si la lune brille
sur le grill
il mange de la lune et du pain noir
Chaque jour dans sa tristesse
qui ne veut pas se lever
il se fait réveiller un six janvier
avec l'étoile à l'envers
et trois rois mages
qui volent ses chaussures
une à gauche et l'autre aussi
Chiquilín, donne-moi un bouquet de voix
comme ça je sors vendre
mes honte en fleurs
fais-moi danser avec trois roses
qui piquent, à cause
de la faim que je n'ai pas comprise
Chiquilín...
Quand le soleil habille les gosses
avec des tabliers d'apprentissage
il apprend combien de zéros
il lui restait à savoir
et il regarde sa mère
elle tourne en rond
mais il ne veut pas la voir
Chaque aube, dans les poubelles
avec un pain et des pâtes
il fabrique un cerf-volant
pour s'en aller mais reste ici
c'est un homme étrange
un enfant de mille ans
qui à l'intérieur
s'emmêle dans le fil.