Mujer Caminante
Raly Barrionuevo
Femme en marche
Fille enceinte de terre
Qui porte dans sa bouche des rumeurs des montagnes
De tant de pluie qu'elle attend
Ses yeux deviennent du sel
Elle vient de soleils et d'épines
Châteaux de rêves brodant des barrages
Et les macabres déboisements
Sanguinent son cœur
Oiseau, femme de l'argile
Criant en silence de tant de chaleurs
Dans une sieste rougeâtre
L'ombre s'est égarée
Salut, femme en marche
Des mistoles et des pumas veillent sur ton chemin
Mère de toutes les pluies
Arrose-moi de ta couleur
Faim, prières et lunes
Résonnent au cri des vieux colcoles
Et dans des neuvaines de sable
On te chante des chants d'amour
Tu vis et meurs assoiffée
Dans des oiseaux aveugles qui migrent vers l'ocre
Profonds et mystérieux sentiers
Apaisent ta solitude
Brûlent des guitares assoiffées
Veillant sur ta nuit de mille chacareras
Et ils boiront ton secret
Des sources du soleil
Salut, femme en marche
Des mistoles et des pumas veillent sur ton chemin
Mère de toutes les pluies
Arrose-moi de ta couleur