Viejo Laurel Sabanero
Jorge Guerrero
Vieux Laurier Sabanero
Ça fait un moment que je ne t'ai pas vu
Que je ne t'ai pas vu, vieux laurier sabanero
Aujourd'hui les nids dans tes branches
Avec l'hiver, ils se sont pourris sur le sol
Et le turpial qui te chantait
T'a dit adieu en s'envolant
La savane a l'air triste
Oh la savane, pleure en silence le ruisseau
Le palmier sombre se plaint
Et depuis la colline, les sanglots du ruisseau
Résonnent comme des notes tristes qui perforent mon cerveau
La garza morena a volé, une mouette et un petit coq de marais
La campanilla s'est asséchée, l'épineux s'est flétri
Et les fleurs du boral sont mortes avec le soleil
Le temps a passé silencieusement
Mais impitoyablement, il t'a donné son coup fatal
Que peu à peu et lentement, ta ramaison a été blessée
Laissant ton tronc sec, seul, muet et plaintif
Te pourrissant, mon laurier
Entre les mains du soleil et des averses
Maintenant, qui me donnera de l'ombre
Qui sera mon compagnon
Qui gardera ma nostalgie
Vieux laurier sabanero
Adieu, vieux laurier, ami
Ce sera pour toujours, je ne te dirai pas à bientôt
Puisque je ne pense pas revenir
Car il est probable que les souvenirs me tuent
Des moments que j'ai partagés avec toi quand j'étais petit
Tout semble mensonge
Un mensonge, je crois encore que c'est un rêve
Mais c'est la plus grande vérité
Et c'est regrettable car il n'y a pas de remède
Tout ce qui naît meurt, rien dans la vie n'est éternel
Pour le reste de mes jours
Je vais te manquer car je ne peux pas t'oublier
Je te sens comme un frère, je t'aime comme un frère
Comme j'aime mon cheval, ma selle, ma corde et mon chapeau
Comme j'adore ma savane
Et le matin, qui m'encourage et me réconforte
Comme le vent donne à la palme
Comme le taureau à l'abri
Comme le soleil aux arbres
Et le nuage aux tonnerres
Et ce passage à ton nom
Laurier ami, restera dans la plaine entière
Pour que jamais ne s'efface
L'image de ton chemin
Et le vent l'arrose avec force
À travers les chemins de la plaine.