Un Guayabo Pequeñito
Jorge Guerrero
Un Petit Guayabo
Je vais me poser à l'ombre sous ce petit arbre
Parce que je viens d'être écrasé par le soleil du vaste plaine
J'ai une épine dans l'âme, ce n'est pas un cubaro ni un épinito
Mais la pique d'un guayabo, bien sûr, plus petit
Et pas comme celui d'avant qui m'a duré un mois et quelques
Mais je vais enlever le frein à mon petit cheval
Je le prépare avec la selle pour qu'il mange un moment
Je m'allonge sur la couverture pendant que je repose et médite
Écoutant le lapi lapi quand le petit chien boit de l'eau
Après que les danses passent, il reste une douleur silencieuse
Et encore plus quand on se lève la nuit avec un petit câlin
Mais celle qui m'est tombée dessus ce matin, sombre
Pour me dire au revoir, elle m'a appelé là-bas, tout seul
Elle m'a dit que j'ai bien profité de ton chant si créole
Emporte en récompense mes câlins et mes bisous
Mais ça s'arrête ici, je ne me souviens pas si je t'ai vu
Ma famille a de l'ascendance, pardonne-moi, petit chanteur
J'ai mon petit ami officiel et toi ? Et toi, tu es un pauvre propre
Il me reste quatre doigts de canne dans ce petit flacon
Ça devrait suffire pour sortir du labyrinthe
Je vais continuer mon chemin, petit à petit, en trottinant
Et là, dans le sable du ruisseau, je laisserai son nom écrit
Et je ferai tout ce qui est possible pour la garder en mémoire
Adieu, ma plaine chérie, je m'en vais en chantant doucement
Pour que ce guayabo meure quand le litre sera fini
Je crois que le jour où je suis né, quand j'ai poussé mon premier cri
La vie m'a donné un coup de pied qui m'a laissé à terre.