Tristezas de la calle Corrientes
Homero Expósito
Tristesses de la rue Corrientes
Rue
comme une vallée
de pièces pour le pain...
Rivière
sans détour
d'où souffre la ville...
Quelle triste pâleur ont tes lumières !
Tes enseignes rêvent de croix !
Tes affiches, des rires en carton !
Rire
qui nécessite
la confiance de l'alcool.
Larmes
transformées en chants
pour nous vendre un amour.
Marché des tristes joies...
Échange de caresses
où l'illusion s'accroche !
Triste. Si
parce que c'est le nôtre !
Triste. Si,
pour tes rêves !
Ta joie est tristesse
et la douleur de l'attente
t'atteint...
Et avec une lumière pâle
tu vis en pleurant tes tristesses !
Triste. Si,
pour être le nôtre !
Triste. Si,
pour ta croix !
Vagabonds
avec des compliments
de bohème mondaine.
Pauvres,
sans plus de sous
que l'envie de réussir,
ils adoucissent le chemin de l'attente
avec le sang plein
de verres, à la table d'un bar.
Rue
comme une vallée
de pièces pour le pain...
Rivière
sans détour
d'où souffre la ville...
Les hommes t'ont vendu comme à Christ
et le poignard de l'obélisque
te saigne sans cesse.