Muro
Carlos Varela
Mur
Trempes le pain dans l'assiette vide
et tu éteins la télévision
Tu ouvres la fenêtre et regardes dehors,
la ville t'attend quelque part.
Tu sors dans la rue et tu arrives au mur
où tout le monde finit,
ou commence la mer.
Tu comptes les pas en rentrant chez toi
et tu allumes la télévision,
tu t'endors et quand l'hymne commence,
tu vas au lit, tu vas rêver,
pendant qu'un autre reste adossé au mur
où tout le monde finit,
ou commence la mer.
Lune, quelque chose se passe
que je ressens
que cette fois on me laisse seul,
ou du moins seul comme la nuit.
Tu mouilles ton visage comme n'importe quel jour
et tu pars sans te raser.
Tu achètes le journal et tu remarques que le monde
a changé de visage, pour le meilleur ou pour le pire
et tu continues à marcher et tu vas au mur
où il y a toujours quelqu'un,
ou commence la mer.
Lune, quelque chose se passe
que je ressens
que cette fois on me laisse seul,
ou du moins seul comme la nuit.
Trempes le pain dans l'assiette vide
et tu éteins la télévision,
tu ouvres la fenêtre et regardes dehors,
la ville t'attend quelque part.
Tu sors dans la rue et tu vas au mur
où il y a toujours quelqu'un,
ou commence la mer.