Oubao Moin
Roy Brown
Oubao Moin
Le fleuve de Corozal, celui de la légende dorée.
Le courant emporte de l'or. Le courant est ensanglanté.
Le fleuve Manatuabón a la légende dorée.
Le courant emporte de l'or. Le courant est ensanglanté.
Le fleuve Cibuco écrit son nom en lettres dorées.
Le courant emporte de l'or. Le courant est ensanglanté.
Là, on a inventé un élevage. Là, le cinquième se payait.
La terre était en or. La terre est ensanglantée.
Là où la forêt a enfoncé ses racines dans la terre dorée,
les branches saignent. La forêt est ensanglantée.
Là où la tête indienne s'est inclinée, que ce soit terre ou eau,
Sous le poids de la chaîne, entre les fers de l'ergastule,
là la terre pue le sang et l'eau est ensanglantée.
Là où le noir a brisé ses épaules, que ce soit terre ou eau,
et son corps a marqué le tampon et le fouet a ouvert son dos,
là la terre pue le sang et l'eau est ensanglantée.
Là où le pauvre blanc a souffert les horreurs de la condition,
sous le machette du contremaître et le carnet de travail
et l'abus du petit seigneur, que ce soit terre ou eau,
là la terre est maudite et l'eau coule empoisonnée.
Gloire à ces mains aborigènes car elles ont travaillé.
Gloire à ces mains noires car elles ont travaillé.
Gloire à ces mains blanches car elles ont travaillé.
Parmi ces mains indiennes, noires, blanches,
dans ces mains est née la patrie.
Gloire aux mains qui ont creusé la mine.
Gloire aux mains qui ont gardé le bétail.
Gloire aux mains qui ont semé le tabac, la canne et le café.
Gloire aux mains qui ont coupé les pâturages.
Gloire aux mains qui ont éclairci les forêts.
Gloire aux mains qui ont navigué les rivières, les canaux et les mers.
Gloire aux mains qui ont travaillé les chemins.
Gloire aux mains qui ont construit les maisons.
Gloire aux mains qui ont fait tourner les roues.
Gloire aux mains qui ont transporté les routes et les voitures.
Gloire aux mains qui ont sellé et désellé les mules et les chevaux.
Gloire aux mains qui ont fait paître les troupeaux de chèvres.
Gloire aux mains qui ont veillé sur les porcs.
Gloire aux mains qui ont élevé les poules, les dindes et les canards.
Gloire à toutes les mains de tous les hommes et femmes qui ont travaillé.
Car elles ont pétri la patrie.
Et gloire aux mains, à toutes les mains qui travaillent aujourd'hui
car elles construisent et de là sortira la nouvelle patrie libérée.
La patrie de toutes les mains qui travaillent !
Pour elles et pour leur patrie, Louange !, Louange !