A Boneca
Olavo Bilac
100%
La Poupée
Lâchant la balle et le volant
Avec lesquels elles jouaient tout à l'heure
À cause d'une poupée
Deux filles se disputaient
Disait la première : C'est à moi !
C'est à moi ! criait l'autre
Et aucune ne se calmait
Ni ne lâchait la poupée
Celle qui souffrait le plus (pauvre !)
C'était la poupée. Elle avait déjà
Tous ses vêtements déchirés
Et son visage tout froissé
Elles l'ont tant tirée
Que la pauvre s'est déchirée en deux
Perdant la ouate jaune
Qui faisait son rembourrage
Et, après tant de fatigue
Retournant à la balle et au volant
Toutes deux, à cause de la dispute
Se sont retrouvées sans la poupée