La Oncena
Mercedes Sosa
La Oncena
La neige descend du sommet,
blanchissant de mousse le fleuve
et le fleuve s'en va dans les nuages,
libre comme mon champ.
Ne cherchez pas à me mettre dans des cases
pour chanter la terre.
Je chante de tout mon cœur,
mais je chante à ma façon.
J'aime la voix du vent,
qui chante toujours différemment,
bien que ça semble pareil...
Il me manque une note
pour atteindre la douzaine.
C'est pourquoi, ma chacarera
s'appelle "la oncena".
Peu m'importe qu'on n'écoute pas,
si on ne veut pas m'entendre ;
mon chant, le vent l'apprend :
quelqu'un finira par m'hériter.
Je ne veux pas rester immobile,
près de la vie qui passe ;
sur l'eau qui stagne,
la nuit étoilée s'en va.
Chacun dit son couplet.
Je n'aime pas suivre un chemin,
que d'autres ont déjà parcouru...
Il me manque une note.