Los Inundados
Mercedes Sosa
Les Inondés
L'eau arrive en rugissant
du Paraná
elle monte nuit et jour
sans s'arrêter.
Ranchada, falaise, tronc
elle emportera
avec vent et pluie
le Paraná.
Ma cabane jusqu'au faîte
est déjà noyée
ni le ceibo ni l'aromate
n'ont de fleurs.
L'après-midi était triste
quand je suis parti ;
le yerutí a chanté
sa douce plainte.
Sur le fleuve, en naviguant
la pirogue est chargée
de filets, de perches, d'outils
je les ai sauvés de la ranchada.
Sur le fleuve, je reviendrai
à Santa Fe.
L'eau est venue en rugissant
je suis resté pauvre
ni cabane ni couverture
je n'aurai.
On ne me sortira pas du pays
où je suis né
luttant contre le courant
je vivrai.
Le ciel est en train de s'éclaircir
le chajá vole
les alouettes et les crêtes
chantent déjà.
Ainsi viendra le jour
où je reviendrai
relever ma cabane
à Santa Fe.