Amémonos
Lucha Villa
Aimons-nous
Je cherchais mon âme avec ardeur, ton âme
je cherchais la vierge qui, sur mon front,
me touchait doucement de ses mains
dans l'insomnie fiévreuse de mon amour.
Je cherchais la femme pâle et belle
qui, dans mes rêves, me rend visite depuis enfant
pour partager avec elle mon affection
pour partager avec elle ma douleur.
Comme dans la sainte solitude du temple
sans voir Dieu, on sent sa présence
j'ai pressenti dans ce monde ton existence
et comme à Dieu, sans te voir, je t'ai adorée.
Aimons-nous, mon bien, en ce monde
où tant de larmes sont versées
celles que versent peut-être ceux qui s'aiment
ont un je ne sais quoi de bénédiction.
Aimer, c'est imbiber la pensée
avec le parfum de l'Éden perdu
aimer, aimer, c'est porter blessé
avec une flèche céleste le cœur.
C'est toucher les seuils de la gloire
c'est voir tes yeux, c'est écouter ton accent
c'est porter dans l'âme le firmament
et c'est mourir à tes pieds d'adoration.