De Puro Solo
José Larralde
De Puro Solo
Né sans père, tout seul,
et il est resté là,
avec ses yeux marron pleins de silence,
en attendant de grandir juste par chance,
peut-être qu'il échappera à la machine
et que je le reverrai
au bord de la route, et je discuterai avec lui,
peut-être, d'un tamaris.
Là-bas, il était, tout seul sur le côté,
moins arbre que plante,
et plus que plante,
un squelette maigre en bois
comme un Christ
sans mère qui le soutienne,
là-bas, il était, tout seul sur le côté,
retenant son ombre d'en bas,
qui, étendue sur le sol, est restée
comme attendant qu'une pousse lui naisse.
Là-bas, il était,
souffrant de tamaris,
comme on souffre d'un homme dans la solitude,
ni avant,
ni après avoir été renfrogné
les vérités n'ont pas le même goût,
car seulement la douleur d'être seul
fait la quantité et la beauté.
chaque solitude est un monde tournant,
sur son propre monde de grandeur.
Né sans père, tout seul,
et là-bas, il était,
seul sur le côté,
moins arbre que plante,
et plus que plante,
un squelette maigre
comme un Christ sans mère...
qui se maintient.