Rio Marrón
Jorge Fandermole
Rivière Marron
Je ne veux pas te perdre, femme de la rivière
Corps marron, de la rivière marron
Les mains comme des vagues sur le rivage
Que la permanence
Dans la confluence
Formant des cuisses cambrées
Miroirs de Lune fugitive
Rivière marron
Rends-moi le sang en bas
De ton passage, le lys noir
Qui est resté près de ton rivage
Rivière, rivière marron
Emporte dans un poisson cette chanson
Que quelqu'un m'attend
Face aux étoiles
En amont
Rivière marron
Animal d'argile qui s'enfuit
Qui comme la vie s'écoule
Sans jamais revenir à la hauteur
Si je pouvais te remonter dans le temps
Pour boire l'obscurité
De son visage
S'il n'a manqué un instant
De tendresse
Rivière marron
L'eau qui descend n'est jamais la même
Et en nous souvenant, nous allons vers la mer
Car le passé repose en profondeur
Et comme l'amour
Dure une crue
La douleur est un flux permanent
Le sang son miroir
Et la vie reflet de la rivière marron
Rivière marron
Rends-moi le sang en bas
De ton passage, le lys noir
Qui est resté près de ton rivage
Rivière, rivière marron
Où est restée cette chanson
Que personne n'attend
Face aux étoiles
En amont
Rivière marron
Peau du ciel qui se déchire
D'ici jusqu'à l'horizon
Lumière de Lune immergée
Si je pouvais te remonter dans le temps
Pour boire l'opacité du rêve perdu
Si cette lueur perdue
Était la vie
Rivière marron