Bosque Adentro
Carlos Sadness
Dans la Forêt Intérieure
Assis à l'ombre des arbres de tous les bois du royaume
Le dernier recoin du monde où il y a encore du silence
Un endroit pour dialoguer avec moi-même, en moi
J'essaie de retrouver la parole après tout ce temps
Je ne sais que japper car je ne trouve pas les mots
Que j'ai laissés cachés par peur de les prononcer
Tu as vu mon visage et je n'ai su rien dire
Et c'est pour ça que je te dis adieu dans cette lettre
Je deviens air mélangé aux parfums
En fait, si tu respires profondément, je peux entrer
Me faufiler dans le poumon qui oxygène ton sang
Embrasser la même chair qui m'a fait pleurer
Il vaudrait mieux que tu fermes toutes les fenêtres si tu ne veux pas
Que je sorte et que la brise du matin m'emporte
Il est impossible de garder le parfum d'une personne
Et depuis que j'ai dormi avec toi, je n'ai pas changé les draps
Je m'en vais avec le vent
Au dernier recoin du monde où il y a encore du silence
J'écoute les canards de mon oreiller fait de plumes
Ce n'était qu'une cigarette même si ça coûtait une fortune
La Fête de la Fumée, comme Boris Vian
Lune : Je t'écris en solitude ce que toute cette salle entend
Et c'est le danger d'être trop sincère
Quand tout le monde a un avis même sur tes silences
À quoi bon courir pour te tenir éloigné
Si tu réapparais quand je ferme les yeux ?
Je reste à l'ombre des arbres de la forêt
Et les grillons jouent pour moi quand la nuit tombe
Allergique aux gens et en quête d'antibiotiques
Je reste entre mes mots caché des chiffres